Cie APART
NOS QUELQUES MOTS…
Fondée en 2010 par Yannick Siméon et Jérémy Silvetti, la Cie APART développe un langage chorégraphique à la fois physique, sensoriel et radicalement incarné, où le corps devient le lieu d’une parole sans mots, un territoire mouvant qui interroge le monde dans ses failles, ses tensions et ses métamorphoses.
Le geste y est dense, poreux, parfois suspendu, toujours habité par une tension entre contrôle et abandon, entre le frémissement du sensible et l’intensité du vécu. Les corps chutent, glissent, se contiennent ou explosent — ils s’écrivent comme des récits muets, empreints d’une dramaturgie intérieure. Le mouvement naît du trouble.
Chez APART, la scénographie n’est jamais un simple décor. Elle agit comme une matière active qui façonne, modèle ou contraint les corps. Table, chaise, fluides, lumière, proximité du public : chaque élément participe à une transformation physique et symbolique. Les corps ne dansent pas malgré l’espace : ils dansent avec lui, s’y frottent, s’y réinventent.
Les créations de la compagnie reposent sur une approche immersive et sensorielle où le spectateur est convoqué comme témoin intime, voire comme partie prenante du rituel dansé. La proximité devient dramaturgie, l’échange devient matière.
Le travail chorégraphique de la Cie APART s’inscrit dans une volonté de résonance avec le réel : les œuvres explorent nos sociétés, les mythes intérieurs, les violences douces, les failles affectives. Mais loin du didactisme, c’est par le trouble poétique, par la métaphore incarnée, que les pièces tissent leur récit.
À travers des duos en tension, des soli habités, ou des pièces de groupe traversées par une mémoire collective, Yannick Siméon et Jérémy Silvetti construisent un théâtre physique de l’interstice. Leur écriture chorégraphique cherche à déplacer, désorganiser, réinventer. Elle interroge ce qui nous lie, ce qui nous échappe, ce que le corps peut encore dire là où le langage peut parfois échouer.
La Cie APART, c’est créer pour offrir la surprise magique d’un lion dans un placard — là où l’on était sûre d’y trouver des chemises.