Minuit

Nouvelle création

50 min (en création)

Même si notre guidon reste la seule preuve de notre légitimité artistique, savoir si l’œuvre d’un artiste moral ou immoral est nécessairement une œuvre à soutenir ou pas, reste une question/réponse aventureuse. Et il est bien évident que le miroir de cette problématique prend la même envergure.

Fiche technique

Durée

50 min (en création)

Chorégraphes

Yannick Siméon, Jérémy Silvetti

Interprètes

Lia Fayollat, Yannick Siméon

Création musicale

Pierre Chamot

Création Lumière

Héléna Castelli

Photos

Jérémie Pontin

Accueils - Résidences

Théâtre de L’oulle – Avignon / Résidence
et apport en industrie

Soutiens

Ville de Seyssinet-Pariset
Ville de Grenoble
Département de l’Isère
SPEDIDAM

Minuit

PRÉAMBULE

L’art et la manière.

Nous sommes, avant tout, des transformateurs du corps et abordons nos créations tel un autre amour, par la mémoire de nos peaux. Nudité réelle qui, selon nous, favorise l’attachement aux origines, à ce qui semble être l’appétit de nos envies.

Au-delà des Dieux, au-dessus des nombrils, nous mettons au monde nos secrets pour essayer nos opinions. À deux, nous vivons. À deux, nous créons. Quatre yeux et quatre jambes mais toujours un seul et même regard.

Intimité artistique, intimité domestique.
Nos chairs doivent-elles être inséparables ?
Notre réalité : nous composons un opus loyal, un geste franc.

Nos cœurs s’identifient ainsi, libre d’être entre les deux.

INTENTION POUR UNE ŒUVRE SANS RÉPONSE

Même si notre guidon reste la seule preuve de notre légitimité artistique, savoir si l’œuvre d’un artiste moral ou immoral est nécessairement une œuvre à soutenir ou pas, reste une question/réponse aventureuse. Et il est bien évident que le miroir de cette problématique prend la même envergure.

MINUIT expose les questionnements que nous pouvons rencontrer au sujet de cette soi-disant fusion formelle entre l’artiste et l’œuvre. Un flirt vertigineux où seulement deux corps transposent cette association délicate. Une succession d’appels à la poursuite, à l’individualité exhaustive, laissant place aux vases communiquant, affirmant l’oppression d’une inévitable dépendance. Une danse miroir, impliquant la responsabilité d’une écriture corporelle solidaire. À la fois l’un, à la fois l’autre. Qui est l’artiste ? Qui est l’œuvre ? Pas de deux où il est certain que la transformation devient le seul lien existant.

MINUIT veut traduire cette ligne imaginaire qui accouple les limites. Paroxysme d’un idéal qui reste, malgré tout, incertain. Des hommes diront être capable d’approuver la dissociation alors que d’autres seront convaincu de leur fusion. Une colloque, qui, de toute évidence, ne trouvera pas de réponse unanime.

PROPOS ARTISTIQUE

MINUIT veut questionner le spectateur sur sa capacité de jugement. Les corps des deux danseurs sont proposés en pâture, devant leurs regards « mateurs », libérant l’opinion instinctive, en fonction des croyances, en fonction des cœurs. Il est question d’associer public et artiste pour confronter leurs avis. La moralité peut rester parfois un espace d’équilibre où le rien peut devenir grandiose.

Les espaces sont réappropriés, accentuant la division par l’ancrage d’une réelle séparation. Elle est introduite par une ligne blanche installée directement au sol. Résultat affirmant l’obtention d’une différenciation claire de territoire et d’espace, entre l’œuvre et l’artiste.

À son tour, la lumière accompagnera l’’individualité, tout en créant des suspensions lumineuses primaires, basées sur la démarcation évidente d’une atmosphère. Le blanc et le noir se réuniront autour d’une ligne imaginaire : minuit.

Heidegger disait : « L’essence de l’art, c’est la vérité se mettant elle-même en œuvre. »
Victor Hugo disait : « Le sens révolutionnaire est un sens moral. »

PARTITION SONORE

Clubbing 90’s.

Il est question d’installer un environnement sonore qui investie une sensation identitaire tout en appuyant les caractéristiques de notre problématique de départ. Espace sonore qui diffuse sa texture, il est question d’induire une touche supplémentaire de tentation entre l’artiste et l’œuvre, amant de toujours.

90 reste une époque électrique, inspirante, par sa créativité rageuse, décomplexée de liberté. Épisode musical important, révélant les pouvoirs d’une jeunesse hardi de consommer, d’oser et d’essayer. À bâtons rompus, elle assure l’orientation des pulsions instinctives et des fantasmes marginaux d’un espace populaire innovant. Beat ravageur, scandé et répétitif, voix forte et puissante, gros tubes, gros son. Cocktail molotov dont l’objectif est d’obtenir une transe générationnelle où le festif devient un mode de vie à part entière.

29

Avril

Sortie de résidence
Théâtre de l’Oulle
AVIGNON